Assurance

Comparer une assurance auto : les bons critères

Par Élodie Vasseur , le 25 septembre 2026 - 8 minutes de lecture

Choisir une assurance auto ne se résume pas à retenir le devis le moins cher. Une prime basse peut cacher des garanties limitées ou des franchises élevées qui coûtent cher au premier sinistre. Pour bien comparer, il faut regarder les bons critères.

Cet article passe en revue les éléments qui comptent vraiment : formules, garanties, franchises et coefficient bonus-malus. Il s’agit d’une information générale, sans recommandation d’assureur ni conseil personnalisé.

Les trois formules de base

Toute comparaison commence par le niveau de couverture. Il existe trois grandes formules, du minimum légal à la protection maximale, à choisir selon la valeur et l’âge du véhicule.

Du tiers au tous risques

L’assurance au tiers se limite à la responsabilité civile, obligatoire, qui couvre les dommages causés à autrui. Le tiers étendu ajoute des garanties comme le vol, l’incendie et le bris de glace. La formule tous risques indemnise en plus vos propres dommages, même quand vous êtes responsable.

Garantie Tiers Tiers étendu Tous risques
Responsabilité civile Oui Oui Oui
Vol, incendie, bris de glace Non Oui Oui
Dommages tous accidents Non Non Oui

Adapter la formule au véhicule

Pour une voiture récente ou de valeur, le tous risques protège le capital investi. Pour un véhicule ancien dont la valeur vénale est faible, le tiers est souvent plus rationnel : payer une protection tous risques n’a guère de sens si la réparation dépasse la valeur du véhicule.

Les garanties et l’assistance dans le détail

Comparer une assurance auto : les bons critères

Au-delà de la formule, les différences se logent dans le contenu précis des garanties et de l’assistance.

Ce qu’il faut vérifier

Regardez les conditions des garanties vol et incendie (parfois soumises à un dispositif antivol), l’étendue du bris de glace (phares, rétroviseurs, toit ouvrant) et les plafonds d’indemnisation. Un même mot, « vol » ou « bris de glace », peut recouvrir des couvertures très différentes d’un contrat à l’autre.

L’assistance, souvent décisive

Vérifiez la présence de l’assistance 0 km, qui permet un dépannage même devant votre domicile, là où beaucoup de contrats imposent une distance minimale (souvent 50 km). Regardez aussi les conditions du véhicule de remplacement, dont la durée varie selon la nature du sinistre.

La franchise, paramètre qui pèse le plus

La franchise est la somme qui reste à votre charge après un sinistre. C’est le critère qui touche le plus directement votre portefeuille, et pourtant le plus souvent négligé face au prix affiché.

Franchise fixe ou proportionnelle

Une franchise fixe est un montant prédéterminé ; une franchise proportionnelle varie selon le coût des réparations. Attention à ne pas confondre la franchise (ce que vous payez) avec le plafond d’indemnisation (ce que l’assureur rembourse au maximum).

Il existe un lien inverse entre prime et franchise : une cotisation très basse cache souvent une franchise élevée. Simulez le coût réel d’un sinistre responsable en additionnant la prime annuelle et la franchise. Si vous ne disposez pas de l’épargne nécessaire pour absorber une franchise de plusieurs centaines d’euros, une prime un peu plus haute avec une franchise basse est souvent plus prudente.

Le bonus-malus, calculé sur votre historique

Votre comportement passé sur la route détermine mathématiquement une partie du tarif, via le coefficient de réduction-majoration (CRM), plus connu sous le nom de bonus-malus.

Comment évolue le coefficient

Le CRM va de 0,50 à 3,50. Chaque année sans sinistre responsable applique une réduction de 5 % (coefficient multiplié par 0,95) ; chaque sinistre responsable entraîne une majoration de 25 % (multiplié par 1,25), ramenée à 12,5 % en cas de responsabilité partagée. Le bonus maximal de 0,50, qui divise la prime de référence par deux, s’atteint après 13 années sans accident responsable.

Événement Effet sur le coefficient
Année sans sinistre responsable x 0,95 (- 5 %)
Sinistre responsable x 1,25 (+ 25 %)
Responsabilité partagée + 12,5 %
Bonus maximal (après 13 ans) 0,50 (plancher)

Un coefficient qui vous suit

Le CRM est portable : il vous suit lorsque vous changez d’assureur, sur présentation de votre relevé d’informations. Après trois ans au bonus maximal, un premier sinistre responsable n’entraîne pas de malus. Ce mécanisme est encadré par le Code des assurances et s’applique à tous les assureurs.

Points clés à retenir

  • Formule : tiers, tiers étendu ou tous risques selon l’âge et la valeur du véhicule.
  • Garanties : vérifier le contenu réel, les plafonds et l’assistance 0 km.
  • Franchise : une prime basse cache souvent une franchise lourde.
  • Bonus-malus : coefficient de 0,50 à 3,50, – 5 % par an, + 25 % par sinistre responsable, portable d’un assureur à l’autre.

Sources

Testez vos connaissances

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1. Que faut-il regarder en priorité au-delà du prix ?

Exact : une prime basse peut cacher des garanties limitées ou des franchises élevées ; on compare les formules, garanties et franchises.À revoir : le bon réflexe est de comparer les formules, les garanties réelles et les franchises, pas seulement le prix.

2. Comment évolue le coefficient bonus-malus (CRM) sans sinistre responsable ?

Oui : chaque année sans sinistre responsable applique un bonus de 5 % (× 0,95), jusqu’au plancher de 0,50 atteint après 13 ans.Non : sans sinistre responsable, le CRM baisse de 5 % par an (× 0,95) jusqu’à 0,50.

3. Pour quel type de véhicule la formule tous risques est-elle surtout pertinente ?

Correct : la tous risques protège mieux un véhicule récent ou de valeur ; sur une voiture ancienne, le tiers est souvent plus rationnel.À revoir : la tous risques se justifie surtout pour un véhicule récent ou de valeur élevée.

Questions fréquentes

Que faut-il regarder pour bien comparer une assurance auto ?

Au-delà du prix, trois éléments comptent : le niveau de formule (tiers, tiers étendu ou tous risques) adapté à l’âge et à la valeur du véhicule, le contenu réel des garanties (avec leurs plafonds et exclusions), et le montant des franchises restant à votre charge. Votre coefficient bonus-malus influence aussi directement la prime. Une cotisation basse n’est un bon choix que si les garanties et la franchise restent adaptées à votre situation et à votre capacité à absorber un sinistre.

Quelle différence entre assurance au tiers et tous risques ?

L’assurance au tiers se limite à la responsabilité civile obligatoire, qui couvre les dommages causés à autrui : elle convient surtout aux véhicules anciens de faible valeur. La formule tous risques indemnise en plus vos propres dommages, même en cas d’accident responsable, ce qui la rend pertinente pour un véhicule récent, de valeur ou en leasing. Entre les deux, le tiers étendu ajoute des garanties comme le vol, l’incendie et le bris de glace, un bon compromis pour un véhicule d’âge intermédiaire.

Comment fonctionne le bonus-malus ?

Le coefficient de réduction-majoration évolue chaque année selon votre conduite. Sans sinistre responsable, il baisse de 5 % (multiplié par 0,95) ; un sinistre responsable le fait augmenter de 25 % (multiplié par 1,25). Il évolue dans une fourchette de 0,50 à 3,50, le plancher de 0,50 (prime divisée par deux) étant atteint après 13 années sans accident responsable. Ce coefficient est portable : il vous suit d’un assureur à l’autre sur présentation de votre relevé d’informations.

Élodie Vasseur

Journaliste spécialisée en finances personnelles depuis plus de dix ans, Élodie Vasseur décrypte les offres bancaires, l'épargne et le crédit pour aider les particuliers à faire les bons choix. Elle compare frais, taux et services sans complaisance.